Matthieu 24, 34

Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive.

Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive.
Saint Thomas d'Aquin
2452. [Le Seigneur] a donc éclairé par une comparaison ; maintenant, il éclaire par une affirmation accompagnée d’un serment, lorsqu’il dit : EN VÉRITÉ, JE VOUS LE DIS, c’est-à-dire que cela est infailliblement vrai, CETTE GÉNÉRATION NE PASSERA PAS QUE TOUT CELA NE SOIT ARRIVÉ. Origène dit : «Ce que vous entendrez est sur le point d’arriver.» En effet, quelqu’un pourrait croire que cela a été dit de la destruction de Jérusalem et que cela s’est achevé avec la destruction, car beaucoup ont survécu jusqu’à ce moment. Ainsi, CETTE GÉNÉRATION NE PASSERA PAS, c’est-à-dire les hommes qui vivent maintenant, QUE TOUT CELA NE SOIT ARRIVÉ.

2453. Mais il serait surprenant que tout ce qui a été dit se rapporte à la destruction de Jérusalem. Il faut donc dire que tous les fidèles ne constituent qu’une seule génération. Ps 23, 6 : Voici la génération de ceux qui cherchent le Seigneur, et il avait dit auparavant : La terre appartient au Seigneur. Il veut donc dire : CETTE GÉNÉRATION NE PASSERA PAS, c’est-à-dire que la foi de l’Église ne cessera pas jusqu’à la fin du monde, à l’encontre de certains qui disaient qu’elle durerait jusqu’à un certain moment, ce que le Seigneur réfute en disant, plus loin, 28, 20 : Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.
Louis-Claude Fillion
En vérité... C’est le serment accoutumé du Sauveur. Il est destiné à renforcer ici une assertion des plus graves, et des plus positives. - Cette génération ne passera pas. Pour bien saisir le sens exact de cette assertion, il importe d’abord de déterminer celui des mots « cette génération ». Comme les expressions des Grecs, de l’hébreu ou les expressions analogues dans toutes les langues, elle ne s’emploie pas toujours pour représenter les hommes qui vivent à une époque donnée de l’histoire ; ce mot signifie aussi race, nation. Mais quel peuple était à la pensée de Jésus quand il tenait ce langage imposant ? S. Jean Chrysostôme, S. Grégoire, S. Thomas et d’autres croient qu’il voulait désigner la nation chrétienne en général, qui doit en effet persister jusqu’à la fin du monde. S. Jérôme généralise davantage encore et applique l’expression à la race humaine tout entière. Plusieurs auteurs (voir Abbott, The new Testament, vol. 1, p. 26 et ss.) la restreignent au peuple juif, qui devait être miraculeusement préservé jusqu’au second avènement du Christ, malgré ses malheurs et sa dispersion, pour être, disent-ils, comme une preuve vivante et perpétuelle de la vérité des prédictions du divin Maître. Nous croyons, avec d’autres exégètes (en particulier Reischl et Bisping), qu’il est mieux d’établir ici une distinction. En considérant de près les versets 34 et 35, on voit qu’ils forment la péroraison et la récapitulation de toute la première partie du Discours eschatologique. Or, à partir du v. 4, il a été question de deux événements distincts, la ruine de Jérusalem et la consommation des siècles. Il nous semble donc que les mots « cette génération » ont un double sens suivant qu’ils retombent sur l’un ou sur l’autre de ces événements. En tant que Jésus faisait allusion aux maux de Jérusalem, ils représentent les Juifs alors existants ; en tant qu’il voulait décrire la fin du monde, ils désignent tout le peuple juif qui persévérera, comme on l’exprimait plus haut, jusqu’aux derniers jours, pour rendre hommage à la véracité de Jésus. Il y aurait ainsi dans le v. 34 une de ces prophéties à double perspective qu’on rencontre si souvent dans les Saints Livres. - La signification de toutes ces choses est déterminée par ce que nous venons de dire : tout ce que le Sauveur a prophétisé depuis le v. 4.